Indiens de la Terre de Feu
"Les habitants de ce détroit se peignent la face et les autres parties du corps de blanc et de rouge, se mettent des ailes d'oie autour de la tête, des colliers de petites coquilles au col pour ornement. Quelque froid qu'il fasse, ils n'ont point d'autre vêtement que des peaux de loups marins qui leur couvrent les épaules et le reste du corps jusqu'aux genoux comme un petit manteau, tant les hommes que les femmes et enfants. Ils n'ont aucune demeure assurée, vont et viennent de côté et d'autre suivant leur fantaisie dans de petits canots d'écorce où il y a toujours un petit feu au milieu. Chque famille a son canot, dans lequel ils portent tout ce qui leur est nécessaire. Là où la nuit les prend, ils couchent. [...] La principale occupation des hommes et leur devoir est de faire la case, la chasse et la pêche, celle des femmes d'avoir soin du canot et de plonger pour chercher les moules, oursins et autres coquillages, ce qu'elles font avec une adresse admirable deux ou trois fois le jour, en quelque temps et état qu'elles puissent être, de cette manière : elles se jettent d'abord toutes nues à la nage, se couvrant les yeux d'uen main pour voir au fond les endroits où il y en a le plus, ensuite elles plongent la tête la première à 4 et 5 brasses de fond en croisant les jambes par-dessus les fesses, si adroitement qu'il est impossible de rien voir d'impudique, au contraire des hommes qui ne font aucune façon, ni même de leurs nécessités partout où ils se trouvent et où le besoin les prend, comme des bêtes.
[...] L'innocence est parmi eux ; ils n'ont pour plus grand maître l'un que l'autre, si ce n'est un certain devoir que les jeunes se font d'obéir aux vieux ; l'amitié qu'ils ont les uns pour les autres fait qu'ils ne peuvent être séparés l'espace de deux jours qu'au retour ils ne se la temoignent par des embrassades et baisers pleins de tendresse. L'orgueil et l'avarice ne les travaillent point, ils ne se mettent en peine d'autre chose que de chercher à boire et à manger lorsqu'ils en ont besoin, et trois de ces pauvres gens nous firent assez connaître par les pleurs qu'ils versèrent pendant plusieurs jours à la Baye Famine dans notre bord, où on feignait des les vouloir garder, qu'ils ne changeraient pas cette vie ni leur pays pour toute chose au monde, car lorsqu'on les embarqua pour les ramener, la joie était peinte sur leur visage".
Sieur Duplessis
Rédaction journalière d'un voyage fait en 1698, 1699, 1700, 1701 par monsieur Debeauchesne
Indiens de la Terre de Feu : ona, yaghan, alakaluf...
[...] L'innocence est parmi eux ; ils n'ont pour plus grand maître l'un que l'autre, si ce n'est un certain devoir que les jeunes se font d'obéir aux vieux ; l'amitié qu'ils ont les uns pour les autres fait qu'ils ne peuvent être séparés l'espace de deux jours qu'au retour ils ne se la temoignent par des embrassades et baisers pleins de tendresse. L'orgueil et l'avarice ne les travaillent point, ils ne se mettent en peine d'autre chose que de chercher à boire et à manger lorsqu'ils en ont besoin, et trois de ces pauvres gens nous firent assez connaître par les pleurs qu'ils versèrent pendant plusieurs jours à la Baye Famine dans notre bord, où on feignait des les vouloir garder, qu'ils ne changeraient pas cette vie ni leur pays pour toute chose au monde, car lorsqu'on les embarqua pour les ramener, la joie était peinte sur leur visage".
Sieur Duplessis
Rédaction journalière d'un voyage fait en 1698, 1699, 1700, 1701 par monsieur Debeauchesne
Indiens de la Terre de Feu : ona, yaghan, alakaluf...
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